Mercredi 29 avril 2009 3 29 /04 /Avr /2009 23:55

1 ère partie

 

DECHIREMENT




 

Ma jeunesse n’avait pas ressemblé à celle que l’on s’imagine lorsque l’on est encore une enfant insouciante et ignorante du monde qui l’entoure. J’ai grandi dans une petite banlieue proche de Manhattan dans les années 1956, entourée par des parents aimants et un petit frère casse-pieds. Ma vie à l’époque se résumait à mes études au lycée, à mes amies et à mes rêves. Les gens vous demandent souvent ce que vous aimeriez faire plus tard, quand vous seriez grandes. Moi, je m’inventais une vie paisible dans une maison splendide avec un petit jardin où je retrouverais chaque soir mon mari et mes enfants en sortant du travail. Voilà, comment je m’imaginais plus tard, quand je serai une femme, statut que je n’aurai jamais l’opportunité d’atteindre, coincée pour l’éternité dans mes 18 ans. Cependant, et pour l’instant, je pouvais encore rêver.


Malheureusement, ce bonheur inventé m’explosa en pleine
figure avec la mort de mon père. Il mourut pendant la guerre du Viêtnam en 1971, je n’avais alors que 15 ans et cette perte bouleversa à jamais mon existence. Ma mère plongea dans une profonde dépression et n’en sortie jamais, enfin il me semble. Nos finances ne nous permettant plus de subvenir à notre train de vie, nous étions contraint de quitter notre charmant quartier pour celui d’un immeuble délabré dans le Bronx. J’évoluais parmi les trafics de drogue, la contamination du SIDA et les affrontements quotidiens entre les différents gangs des quartiers voisins, soient contre les italiens, les

Afro-Américain ou encore les hispaniques.

Mon comportement changea du tout au tout
. Je m’endurcis et cessa de rêver, me contentant alors de survivre et luttant pour me maintenir la tête hors de l’eau. Ma famille fut pour moi mon seul but, je désirai un avenir meilleur pour mon jeune frère. Il fallait que nous quittions coûte que coûte cet environnement sinistre pour qu’il ne devienne pas notre tombeau.

Toutefois, malgré mes efforts pour maintenir une certaine cohésion dans ce qui restait de mon foyer, je ne réussis pas à éviter le pire : ma destinée tragique.

Le drame arriva un mercredi du mois de février, le temps était couvert et le soleil ne perçait pas à travers les épais nuages blancs qui c’étaient accumulés au-dessus de ma tête, je ne compris pas le signe que l’on me lançait. Je parcourai les rues, tout en fredonnant les premiers accords de  My girl  d’Otis Redding, retentie dans mes oreilles, tout en me rendant à mon lycée. Je n’avais que dix petites minutes de marche, je pouvais prendre le bus, mais je tenais à éviter tous contacts avec les gens du coin, peu recommandables, et toujours prêts à s’entretuer pour un regard mal interprété. Je descendais ma rue quand j’entendis les premiers coups de feu vingt mètres plus loin. Une guerre faisait rage à quelques pas de moi. Il ne fallait pas compter sur une intervention de la police, cette dernière ne mettait pas les pieds dans mon secteur, seuls les ambulanciers pointaient leur nez pour emmener les corps qui jonchaient la chaussée et repartaient si tôt la sale besogne effectuée.

Je me mis à courir dans la ruelle parallèle pour pouvoir me cacher derrière le container et attendre que l’orage passe. Je compris trop tard que mon choix ne fut pas judicieux. Une partie des rebelles couraient droit dans ma direction armes aux poings, pourchassés par le clan ennemi qui prenaient la rue d’assaut. Tout se déroula extrêmement vite, un type avait surgie sur mon flanc pour abattre l’homme qui se tenait tout près, trop près de moi. Je tentais une évasion pour ne pas me retrouver sous les feux des tirs mais une balle vint me frapper en pleine poitrine. Je tombais à genoux, ma main se baladant sur mon t-shirt pour constater l’ampleur des dégâts. Je sentis alors un trou minuscule et un liquide poisseux qui s’en échappait. Mes yeux se posèrent sur mes doigts, ils étaient rouges vifs. Bizarrement, je ne ressentis pas tout de suite les tourments de la douleur. Elle devait être tellement fulgurante qu’elle en était non perceptible. Drôle de réflexion qui s’imposait à moi, alors que la vie s’échappait lentement mais sûrement à travers cet artifice. Ainsi, j’allais mourir dans cette rue à cause d’une balle qui ne m’était même pas destinée, à cause d’une faute que je n’avais pas commise.

La vision de mon père s’imposa brutalement à moi, il était mort dans les mêmes conditions que les miennes, sauf que lui était responsable de son trépas et à cause de lui je subissais le même sort. Je le détestais pour avoir préféré sa carrière militaire plutôt que sa famille, s’il n’était pas allé se battre, je serais aujourd’hui entourée de mes amies, ou en train de vivre mon premier amour. J’allais partir, quitter ce monde sans n’avoir jamais été embrassé, sans avoir vécu réellement.

Je sombrais dans les limbes de mon cerveau et pensais à ma mère et à mon frère, qui allait s’occuper d’eux maintenant, qu’allaient-ils devenir ? Alors que je me perdais dans la révélation de mes derniers souvenirs, à écouter les derniers battements de mon cœur, je sentis la caresse froide de la mort m’envelopper et son souffle glaciale sur mon visage. Tout de suite après, la douleur fut fulgurante, enfin s’empara de moi, et elle me brûlait littéralement et je pouvais presque retracer le parcours du feu dans mes veines, dans mon sang, s’infiltrant jusque dans mon cœur.



La mort n’est qu’un état, elle n’est pas une fin…

La souffrance avait laissé son trône vaquant, je pouvais désormais penser, et cette prise de conscience me sembla étrange. J’étais morte, néanmoins mon cerveau continuait de réfléchir, je pouvais constater que mon corps ne souffrait plus. Peut-être le mal avait-il renoncé à me tenailler en même temps que mon enveloppe charnelle s’était détachée de mon corps ?
_ Mince alors !  Je n’en revenais pas, je devais sans doute me trouver au… paradis. Je n’avais jamais cru à ses supercheries d’Éden, ou de vie après la mort. A moins que je ne sois pas morte, avais-je survécu à mon accident ? Je tentais alors une expérience, celle d’ouvrir les yeux.
La lumière jaillit, mes yeux s’habituaient facilement à autant de clarté, sans ressentir, aucun moment, le besoin de les plisser. Puis, se fut au tour des odeurs de m’assaillir, je pouvais sentir une myriade de senteurs, à tel point que j’avais l’impression de me tenir dans le cabinet privé d’un parfumeur en pleine création. Finalement, je devais être bel et bien morte !
A peine avais-je pris la décision de me relever que je me retrouvais debout, les jambes solidement ancrées dans le sol. Cette prouesse physique m’étonna autant qu’elle me ravit, mon âme libérée de l’entrave de mon corps lourd et noueux, m’avait allégée.
A ce moment là, j’aperçus deux anges resplendissants qui se tenaient face à moi. La femme me souriait, mais sa pâleur me frappa, il y avait quelque chose dans son visage en forme de cœur qui me firent penser aux ingénues des films d’autrefois. Elle était étrangement enjouée et heureuse. L’homme au contraire, restait calme et semblait m’examiner minutieusement, puis il vrilla ses yeux dans les miens.
_ Bonjour, comment vous sentez-vous mademoiselle ?  Tout comme la femme à ses côtés, son visage avait une étrange pâleur. Il était jeune, blond d’une beauté à en couper le souffle. Je remarquais leurs cernes violacés sous leurs yeux. Son regard ne relâcha pas sa bride tandis que ses sourcils se froncèrent.
Pourquoi cet homme s’inquiétait de mon état. Espérait-il que je me porte comme un charme !
_ Comment voulez-vous que je me sente ! Dois-je vous rappeler que je suis morte !  Ma réponse fut froide et sèche. Je ne supportais pas que l’on se moque de moi.
_ Excusez moi de vous contredire, mais il me semble que vous faites erreur, enfin en partie. Permettez moi de vous expliquer votre… situation dorénavant il semblait mal à l’aise, cherchant ses mots. Que voulait-il me dire ?
_ Pas la peine de tourner autour du pot, dites moi l’étendue des dégâts. Mon accès au paradis est compromis pour quels actes commis dans ma jeunesse ?  Ma colère me démangeait. J’étais morte à cause d’une balle perdue, ma place au paradis devait me revenir de droit. Et puis qu’entendait-il en me disant que je faisais erreur. En voyant l’homme hésiter, la femme pris la parole.
_ Bonjour, je me présente Esmée Cullen. Sa voix était douce et maternelle, tout en elle inspirait à l’admiration : son visage radieux, ses boucles caramels qui irradiaient au soleil et son sourire bienveillant. Elle était l’incarnation parfaite de la mère aimante et protectrice. Elle tenta de s’approcher de moi, mais je reculais de suite. Alors l’ange reprit son discours.
_ Je me rendais dans une association quand je t’ai vu. Tu avais déjà perdu énormément de sang, et à la vue de ta blessure j’étais sûre que tu ne t’en sortirais pas. Je dois bien me l’avouer, j’ai eu de la peine, tu es encore si jeune. La décision était déjà prise avant même qu’elle ne me vienne en tête. Je t’ai mordu dans le cou, au plus près de la carotide, pour que le venin agisse au plus vite et puisse faire effet, avant que tu ne succombes à ta blessure. Je m’excuse par ailleurs, je n’avais aucune dose de morphine sur moi, pour calmer le feu qui s’emparait de ton cœur, ta transformation n’était pas préméditée.  Elle rit à cette réplique, alors que j’étais perplexe, sans voix, du coup elle continua.
_ C’était la première fois que je transformais un humain en… l’un des nôtres. elle baissa son regard en même temps que sa voix mourut dans sa gorges.
Pourquoi, avait-elle, elle aussi, buté sur un mot ? Que cherchaient-ils à me dire ? La vérité devait être trop dure à révéler. Je trépignais sur place, attendant que la révélation tombe.
_ Je vois vos regards inquiets, j’entends votre voix qui flanche à chaque fois que vous touchez au but. Je vous en prie dites-moi ce qu’il m’arrive, cette ambiance me rend nerveuse.  Lorsque l’homme ouvrit la bouche je savais que la vérité allait me déplaire.
_ Ma femme t’a mordu pour que tu puisses vivre, je puis rajouter même que tu vivras à jamais, puisque tu es devenue un vampire.  Leurs regards ne me quittèrent plus, appréhendant ma réaction. D’ailleurs, elle fut longue à venir, je ne savais pas si je devais me réjouir ou leur en vouloir. Voyant que je ne répondais pas, l’homme m’expliqua dans les moindres détails ce que j’étais devenue, ce qu’allait être ma vie, et mon besoin de sang. Cependant, il me certifia qu’ils allaient s’occuper de moi, et que je pouvais rester vivre avec eux, qu’ils seraient là pour m’aider dans les épreuves que je traverserais.


La mort n’est qu’une délivrance, pour moi se fut une nouvelle expérience
.


Ainsi, je fus adoptée par la famille Cullen, par mes deux anges bienveillants. Esmée et Carlisle, son mari, avait déjà cinq enfants, enfin plutôt de grands adolescents. Ils n’avaient d’enfants que le statut. Aucun lien de parenté unissant ses être exceptionnelle. En effet, la tribu s’organisait autour d’une petite histoire que les Cullen servaient pour les humains. Esmée était la tante des jumeaux Rosalie et Jasper Hale. Tandis que Emmett, Edward et Alice avaient été adopté par la famille, heureux d’accueillir en leur sein des orphelins.

A l’instar de leurs parents. Ils en étaient tout aussi fascinants. Mais, certaines similitudes dans leurs traits pouvaient aisément accorder du crédit à leurs accidents familiaux. En effet, ils avaient tous cette place caractéristique aux vampires, ainsi que leurs yeux aux beurres noirs, et la lueur pétillante dans leurs regards assoiffés. Néanmoins, je parvenais à discerner les originalités de chacun. Les jumeaux par exemple, n’avaient de semblable que la blondeur de leurs cheveux. Rosalie était une femme ravissante, son corps plantureux et sa silhouette élancée aurait fait pâlir n’importe qu’elle femme. Tandis que Jasper, dont les boucles plus longues caressaient sa nuque translucide, offrait les marques d’une beauté froide, ses traits étaient plus carrés, dures que ceux de sa sœur. Les trois autres enfants Cullen se différenciaient tout autant. Emmett, brun aux cheveux court et bouclés ne passait pas inaperçu de part sa carrure massive et musclée tel un ours. A son côté un frêle de petite chose couche et noire sautant sur ses pied : Alice. Un petit bout de femme, les cheveux brossés en pointes au sourire enjôleur. Et pour clore le tableau familial, Edward l’introvertie de la famille avec sa tignasse cuivré et désordonnée. Son visage fermé n’en était pas disgracieux bien au contraire. J’appris que certains d’entre eux formaient des couples. Ainsi, le ténébreux Jasper s’associait avec la frêle Alice. Et le massive Emmett avec la sulfureuse Rosalie.

La rencontre avec le reste de la famille m’avais et littéralement coupé le souffle, j’étais sidérée par autant de beauté et de ravissement, mais c’était avant qu’un miroir ne croise mon reflet. Je faillis pleurer, enfin si cela m’avait été possible. Ma peau avait pâlit, d’ailleurs elle était devenue encore plus froide que la pierre, et mes yeux étaient rouge vif. Mais surtout, j’étais belle, mes rondeurs de l’enfance avaient fait place à des traits droits qui soulignait mon ossature. Mes lèvres s’ouvraient sur une rangée de dents blanches et tranchantes. Et enfin, j’étais forte et invincible, ni Emmett et ni Jasper, ne réussissaient à m’attraper quand je me dérobais à leur surveillance. Mais étant la plus jeune je fus la plus protégeais, et cédaient à tous mes caprices et mes envies. Mais cela ne dirait qu’un temps. La vigueur de mon sang d’humain coulait dans mon corps m’offrant une force que mes frères végétariens ne possédaient pas. Carlisle avait a développer une autre philosophie afin de côtoyer les humains : s’abreuver du sang animal.


Par conséquent, nous avions quittés New York pour emménager dans une petite ville du nom de Forks. Le climat couvert et
pluvieux étant idéale pour nous et la tentation du sang humain était moins tentant pour moi, Néophyte. Dorénavant ma vie était rythmée entre les parties de chasse avec Emmett, les entraînements intensifs d’Alice et Jasper, et mes nuits étaient consacrés à Edward. Je m’étais très vite attachée à lui, nos discussions étaient aussi primordiales pour moi que l’était le sang pour calmer ma soif. Il m’apprit à jouer du piano, à conduire ma première voiture et à ses côtés la soif de sang humain me tenaillait moins.

 

Ma famille m’enseigna aussi à maîtriser mon don. Car certains vampires pouvaient naître avec une spécificité, la mienne était le vent, je pouvais le contrôler.

Lorsque je me sentais d’une humeur massacrante, Carlisle avait remarqué que le vent devenait de plus en plus fort, voire violent.

Un jour, alors qu’Emmett m’avait vraiment mise hors de moi, j’avais déclenché une véritable tornade de niveau quatre, écrasant tout sur son passage. C’est alors que Carlisle n’avait eut plus aucun doute sur ma capacité à maîtriser le vent.


Malgré mes efforts pour me contrôler, je n’étais encore qu’un tout jeune vampire qui pouvait à tout moment craquer et tuer des honnêtes gens. Mon expérience sur la soif et sou contrôle était encore limitée pour me monter aux yeux de tous. D’ailleurs, à plusieurs reprises je faillis m’en prendre à des randonneurs ou chasseurs qui avaient le malheur de s’approcher de nous pendant nos parties de chasse. C’est pour cela, que je ne fus pas autorisé à approcher ma famille, même de loin. Rosalie, se rendait une fois par mois dans mon ancien quartier pour me donner des nouvelles. Aujourd’hui, je reste persuadée qu’elle me mentait pour ne pas m’inquiéter et pour m’éviter tout acte stupide.
J’avais qu’une seule hâte dépasser mon stade de nouveau né pour aller les retrouver. Je ne savais pas encore comment j’allais leur expliquer ma disparition de dix ans, mais je trouverai bien quelque chose au moment opportun.


Malheureusement, je n’eu pas l’occasion de revoir ni ma mère ni mon frère une dernière fois, car sept ans après ma renaissance, une terrible nouvelle vint ébranler ma nouvelle existence, faisant voler en éclat tout le travail jusque-là accumulé. En effet, j’appris l’incendie de mon immeuble en pleine nuit, tuant tous leurs occupants pendant leur sommeil. Le drame me ravagea jusqu’au plus profond de mon être, et je sombrais dans une tristesse qui l’emporta sur tout le reste, sur ma famille, et même sur ma soif. Plus aucun conseil, ni même ceux de Edward n’avait de répercussion sur mon état léthargique, je n’étais plus que l’ombre de moi-même. Toute la maison pleurait avec moi la perte de mes proches alors qu’ils n’étaient pas concernés.

Qui étais-je pour leur imposer mon humeur désagréable, alors qu’ils avaient tout fais pour moi. A plusieurs reprises, Edward tenta de me faire changer d’avis, mais les visions d’Alice étaient incontestables : j’allais fuir.

Au bout de quelques jours, je quittais mon foyer et ma famille en pleine nuit, Edward m’accompagna pendant une bonne partie du chemin, je fis semblant de ne pas le sentir, sa présence me réconforta car il représentait le dernier lien avec mes années de bonheur que j’avais connu à leur contact.

Toutefois, il devait me laisser partir, j’avais besoin de me retrouver seule pour faire le deuil de ma vie antérieure, faire mes adieux à ce petit frère qui ne grandira plus jamais, à ma mère. Si seulement ma soif n’avait pas géré ma volonté j’aurais pu leur permettre de vivre comme moi, à mes côtés pendant le reste de l’humanité. Puis, un jour, il cessa de me suivre et repartit rejoindre les siens.

C’est pendant ces années d’absence, où je voyageai énormément en Europe, en Afrique, en Asie et notamment au Japon que je fis une rencontre avec mon destin.

Qui a dit qu’il fallait aimer tant que l’on était en vie ?

Je ne mettais que très rarement le nez dehors, et
passais mes journées terrée dans les chambres d’hôtel que je fréquentais, me consacrant à mes lectures. Cependant, je ne pouvais rester cloîtrée indéfiniment, à cause de la soif qui ne manquait pas de me rappeler à mon bon souvenir. Je pouvais certes stopper ma respiration quand la douleur de la soif se faisait trop violente, toutefois je ne voulais pas tenter le diable en me mélangeant aux japonais.

Un soir, alors que je chassais dans une forêt non loin de mon refuge, mon odorat flaira une odeur attirante, celle du sang frais, celui d’un humain. J’avais trop maltraité mon corps pour que ma volonté puisse l’emporter sur le feu qui s’emparait de moi, j’allais commettre l’irréparable et j’en étais consciente. Je me ruais vers l’odeur qui embaumait toute la forêt, puis une fois que son parfum se fit plus fort, je m’arrêtai et contempler ma victime. Il s’agissait d’un enfant, il avait le même âge que mon frère à ma mort. Néanmoins, cette pensée ne suffit pas à me détourner de mon envie, et me jetais sur lui.

Alors, que j’allais m’emparais du petit garçon, un choc me prit sur le côté m’envoyant valser à une centaine de mètres et je terminais mon vol projeté contre un arbre, qui craqua sous ma rencontre. Quand je me relevais, il était là, les lèvres retroussées sur des dents luisantes et ses yeux rouge vif qui me vrillaient. Je pouvais entendre son feulement qui me fit tressaillir. Je tombais sous le charme de cet homme, parce que d’une part il m’avait stoppé à temps mais aussi parce que j’étais face à mon destin, enfin c’est ce qui me plaisait à croire…

Par Léna - Publié dans : fantastique - Communauté : fictions crépusculaires
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Jeudi 30 avril 2009 4 30 /04 /Avr /2009 00:12
RENCONTRE





Cinq minutes s’étaient écoulées, avant que je ne réalise ce qu’il venait de se passer. D’emblée, je ne perçus de mon souvenir que le noir d’encre de ses longs cheveux, toujours en position d’attaque.

Subitement, il se redressa, avant de me tendre sa main pour m’aider à me relever. Je le toisai et entrepris de me remettre debout seule, avec fierté. D’un geste rapide, il passa derrière moi pour m’aider, mais dans un éclair j’esquivais son étreinte, en ne le quittant pas instant des yeux, tel un chat effarouché.

_ Que comptiez-vous faire à l’instant.

Son timbre de voix me surprit, je m’attendais à entendre son courroux. Alors qu’il m’offrait des tonalités suaves. Soudain la mémoire claqua d’un coup, l’image du jeune enfant revint à moi. Instinctivement, je le cherchais en tournant la tête de chaque côté. Malheureusement, la seule chose que je vis fut des gros chênes à perte de vue. Alors je me concentrai sur le moindre bruit qui me rappellerait la gaîté innocente de l’enfant, quand je l’entendis.  Il était à quelque centaine de mètres courant après un ballon. Je fus rassurée de constater que le jeune garçon n’avait gardé aucun traumatise lié à mon attaque. Il avait retrouvé son sourire et tout ce qui l’occupait était son ballon.

L’image de Carlisle, puis d’Esmée, s’imposa à moi. Je sentis la honte puis la faiblesse m’envahir.

 

Comment ai-je pu sous-estimer ma faim ? Mon espèce ne pouvait se permettre le luxe de négliger certaines règles, et celle-ci venant en tête de liste :

NE JAMAIS SOUS-ESTIMER SA FAIM.

Si elle s’avérait être mésestimer, elle entraînait la mort, faisant de moi une meurtrière, une ASSOIFEE.

La soif est la pire ennemie d’un vampire, car elle nous fais perdre tout contrôle. Elle prend le pouvoir, devient l’ultime obsession. Réveillant notre instinct, nos pulsions, réanimant l’animal : Le monstre qui vit en nous, tapis dans l’ombre, toujours présent et attendant le moindre dérapage pour exprimer sa férocité, sa rage et sa haine.

Une vie humaine ne signifit rien quand nous sommes sous son emprise. Elle guide chacune de nos pensés, de nos gestes, de notre instinct. La douleur qu’elle émet au niveau de la gorge est plus féroce. Nous pouvions sentir un feu très vif s’embraser à l’intérieue, elle nous consumait lentement. Par moment, je pensais à pouvoir cracher du feu ! Le seul traitement, notre unique remède pour stopper cet incendie n’était autre que le sang. Il fallait dix ans à un nouveau-né pour se maîtriser,  j’en avais trente et l’expérience continuait à me faire défaut.

Je repensais à Jasper qui souffrait énormément du sang humain, c’était un combat de chaque instant pour lui. Ed me disait qu’il était le plus à plaindre. Celui-ci avait eu un passé où la soif était loin d’être un problème, il s’était souvent laissé guider par son instinct animal. Toutefois, il avait renoncé à ce passé en rencontrant notre cher petit lutin : Alice.

Je n’avais jamais volé une vie humaine, ma famille y veillait, mais maintenant j’étais seule et déprimée, fragile et vulnérable. 

_   Vous m’entendez ?  Me demanda t-il intrigué.

Je quittais mes pensées afin de me concentrer sur la voix qui s’adressait à moi, les yeux plantaient sur le bout de mes chaussures, ce qui me donnait un air coupable.

_ Oui…Oui, j’ai perdu le contrôle apparemment.  Lui dis-je déboussolée.

_ En effet, vous chassiez l’animal et soudain votre trajectoire a dévié.  Son ton était calme malgré la faute que j’avais failli commettre. Car selon toute vrai semblance, si ce vampire m’avait empêché de commettre un tel acte, c’est que ceci le répugnait.

_ Oui, heu, je me souviens plus très bien, j’étais tellement assoiffée. 

_ Hum, la soif est à prendre avec beaucoup de sérieux. 

Cette recommandation m’irrita car je connaissais les conséquences qu’elle pouvait entraîner, je n’étais pas une écervelée, et puis je n’étais pas non plus infaillible ! Prête à lui rappliquer une phrase de mon cru. Je levais la tête pour faire face à mon sauveur. Je me mis à le détailler de la tête aux pieds sans sentir le sentiment de gène qui s’installait entre nous. De grande taille avec une allure élancée, l’homme qui se tenait devant moi était éblouissant. Ses longs cheveux retombaient sur ses épaules solide, dans un halé noir. J’insistais sur les traits de son visage harmonieux tel un personnage de dessin japonais. L’ensemble étant proportionné et fin. Mais ce qui me fit chavirer fut les deux lapi lazulis qui ornaient le creux de ses yeux, tels deux joyaux. Le vampire qui se tenait face à moi était d’une beauté incandescente, sublime, une définition parfaite de la beauté pure. Je fus gênée lorsque je me rendis compte qu’il me détaillait également mais encore plus intensément, comme s’il voulait connaître mes pensées.

_ Ça va, vous vous sentez bien, la soif vous torture ?  Son ton était inquiet tendit que ses prunelles inquisitrices épiées le moindre haussement de sourcils.

_   Non. J’avais oublié la soif l’espace d’un instant. 

Je fus contente qu’il ne puisse pas deviner à quel point sa beauté m’avait troublée. Et qu’il était la cause de mon changement d’humeur.

_ Alors, depuis quand chassez-vous les animaux ?  Il prit un air moins condescendant, comme s’il cherchait à détendre l’atmosphère.

_ Depuis toujours, ou plutôt, depuis que je suis née du moins. Mais, là j’ai perdu l’esprit.  J’essayai de garder une voix normale, pour éviter qu’elle ne flanche et grimpe dans les aigus.

L’étonnement se lisait sur tous ses traits, il me sourit. Je ne parvenais pas à contrôler les vertiges qui m’envahirent, cet homme était étincellent.

_ Je ne savais pas que les vampires avaient un esprit ?  Ironisa t-il. Je quittais son sourire pour le toiser une deuxième fois, ce qui s’emblait l’amuser car il me sourit à nouveau.

_ Votre transformation ne date… 

_ De trente ans.  Le coupais-je.

_ La soif est difficile à maîtriser, il faut beaucoup d’années afin de trouver un équilibre… 

_ Oui je sais, je sais ! Le vampire chevronné fait part de son expérience au jeune vampire !  Dis-je irritée. Il prit un air complètement déconcerté.

_ Je ne voulais pas vous offenser, je vous prie de m’en excuser.  Tout sourire s’évanouie de son visage pour laisser place à une mine impassible. A chaque rappel à l’ordre, mon mauvais caractère avait tendance à prendre le relais.

_ Non c’est moi qui vous dois des excuses, et aussi des remerciements. Alors merci, merci, de m’avoir empêché de tuer ce jeune enfant. 

Je m’appuyais contre un arbre qui se trouvait à quelque pas et regardais autour de moi. La forêt était plus sombre qu’à mon arrivée, les grands vieux chênes qui ornaient les bois me paraissaient plus immenses à l’approche de la nuit. Puis, subitement, sans qu’elle me crie grâce, ma gorge s’enflamma, et me fit tordre ma bouche dans un rictus de douleur.

  Il faut que je me remette en chasse, me chuchotai-je.

Soudain mon visage se changea en grimace, sous l’effet de la douleur que me provoquait ma gorge.

_ Puis-je vous accompagner ?  Il m’avait rejoint, et se courbait pour me regarder.  Son regard m’intrigua.

_ Il ne me semble pas avoir demandé la compagnie d’un chaperon !  Lançai-je acerbe.

_ Non, vous n’y êtes pas du tout, en voulant sauver l’enfant, j’ai laissé partir mon dîner. J’étais en chasse moi aussi.  La bouche entrouverte, j’écartais les yeux et affichais un regard surpris.

_ Vous êtes végétarien !  J’étais stupéfaite. Je connaissais très peu de vampire quirenonçait à sa propre nature. Seuls les miens avaient opté pour ce régime draconien. Je me senti intriguée, face au vampire qui se tenait devant moi. 

Ma question l’avait tout autant troublé, il s’était redressé et abordait un visage éberlué, en relevant un sourcil il répondit.

_ En effet, depuis un moment maintenant.  Mais je dois vous avouer avoir connu des chemins semés d’embûches, avant de me contenter du sang animal.

Toujours adossait à l’arbre, je le fixais d’un regard perplexe. Puis je basculais ma tête en arrière, tout en posant mes doigts sur mon front.

_   J’ai aussi un proche qui est en pleine guerre, je peux comprendre un peu ce que vous ressentez. Il me fixa un moment attendant peut-être que je rajoute quelque chose, mais rien ne suivie alors il me demanda :

_ Alors, souhaitez-vous que je vous accompagne ? 

_ Je ne vais pas vous laisser mourir de faim, après tout ce que vous venez de faire pour moi.  Il me fit un nouveau sourire en avançant la main.

_   Je manque à tous mes devoirs, je me prénomme Tristan, Tristan Aldrin. 

Je me redressais et quittais l’arbre pour lui serrer la main qu’il me tendait.

_ Ah oui, c’est vrai nous avons sauté ce passage-là, qui peut nous en vouloir après cette histoire. Moi c’est Kaori. 

_ Vous portez un prénom japonais ?  Il semblait surpris.

_ Oui, mais je n’ai aucune origine, en lui montrant ma couleur de peau. 

_ Alors, enchanté Kaori.  Et il me rendit un magnifique sourire angélique. 

_ De même Tristan. 

Avec sa façon ringarde de parler, mais que j’appréciais et son prénom ancien, je n’avais nul doute que Tristan, le beau vampire ténébreux, était beaucoup plus âgé que moi.

Nous partîmes en chasse, l’instant d’après s’engouffrant dans les tréfonds des bois. Nous entendîmes les bruits de pas des cerfs qui s’agitaient, sentant venir le danger.

A notre approche, je remarquai un gros gibier qui pouvait enfin apaiser ma soif.

Par Léna - Publié dans : fantastique - Communauté : fictions crépusculaires
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Jeudi 30 avril 2009 4 30 /04 /Avr /2009 00:20

GUIDE

 

 

Le temps passait lentement, je m’occupais comme je le pouvais. Les jours où je ne pensais pas à lui, mes pensées allaient pour ma mère et mon frère. La douleur était toujours si intense qu’elle m’empêchait de vivre, de m’ouvrir sur l’extérieur.

Depuis mon départ du Sénégal en Afrique où j’avais acheté un billet pour la première destination qui s’affichait, je n’avais toujours pas visité ou cherché à connaître le Japon.

Je quittais très rarement ma chambre hôtel. Les peu de fois où cela m’était arrivé, c’était juste pour vérifier si la nourriture était abondante dans le coin.  Je n’employais que l’anglais et ne cherchais pas à comprendre leur langue.

Quelques mots s’étaient enregistrés dans ma mémoire comme : arigato,  causa himas, sayonara  ou  moshi, moshi,  kampai  et je n’étais pas certaine de l’orthographe.

 La plupart des japonais m’évitaient, comme s’il y avait écrit « danger » en grosses lettres sur mon front. Je pris aussi conscience qu’une mauvaise aura m’enveloppait, qui inspirait la méfiance à tous ceux que je croisais.

Je m’en moquais, bien au contraire, cela m’évitait les questions que certaines personnes, et surtout celles du gérant de l’hôtel, se posaient : «  Qu’est-ce qu’une jeune américaine de 18 ans (c’est ce que mon physique disait) faisait seule à Asahikawa ? » 

 

Je saisis un cd dans le tiroir de la commode et mis le disque dans l’appareil. J’avais découvert une chanteuse qui avait une voix qui sortait de l’ordinaire, son style était de la musique jpop-jrock, j’accrochais bien et écoutais son album en boucle.

Je m’allongeais sur le lit et tout en me laissant guider par la musique,  Je m’évadais dans mes pensées. Pensées qui furent une nouvelle fois pour lui.

Une semaine s’était écoulée depuis ma rencontre avec Tristan, et il occupait toujours mon esprit. J’avais eu envie de le revoir, mais je ne savais pas comment le trouver, ni où le contacter. J’avais beau flairer son odeur, aucune trace ne m’était venue. Ce qui était étrange. Nous nous étions quittés après avoir bu plus qu’il nous en fallait, un geste en signe d’adieux, et il était parti sans se retourner. Pendant le chemin du retour, je me surpris à ralentir pour hasarder un coup d’œil en arrière à plusieurs reprises pensant le voir derrière moi. Ce qui était complètement stupide, pourquoi m’aurait-il suivi ?

Par contre, l’effet qu’il m’avait procuré était bizarre, il m’intimidait. Son regard avait été  insoutenable, j’avais eu l’impression de me noyer entièrement dans ses yeux bleus tel un océan sans fond. Ce sentiment était encore plus bizarre, car il était impossible que cela se reproduise.

A certain moment de la journée, je me demandais ce qu’il pouvait bien faire ? Quels étaient ses hobbies, la musique ? La lecture ? Les films ? Le sport ? Les  jeux ? Qu’est que Tristan pouvait bien aimer ? Et comment occupait-il ses journées et ses nuits dans cette région entourée de villages où il y avait peu d’animation ?

_ « J’aurais dû lui proposer de chasser une nouvelle fois avec moi, avec un peu de chance il m’aurait dit où le rejoindre, ou mieux encore, il m’aurait laissé son numéro. » Je pestai contre moi-même face à mon manque d’initiative.

Un soir, je m’étais même surprise à retourner dans la forêt en espérant l’apercevoir. C’était ridicule ! Nous venions de boire depuis seulement quelques jours et je ne me sentais pas du tout assoiffée. Alors, pourquoi lui le serait, il avait beaucoup plus d’expériences, et savait gérer sa faim.

 

Je regardais mon téléphone portable qui ne sonnait quasiment plus, mes interlocuteurs avaient fini par abandonner, ils savaient pertinemment que je ne voulais pas être joignable.

Je quittais mon lit pour me diriger vers la salle de bains afin de me détendre une petite heure parmi les bulles de savons. Ma chambre était banale, face à moi se dressait la porte d’entrée avec son œil-de-bœuf traditionnel qui ne servait pas pour le vampire que j’étais, ne recevant aucun invité. A droite, un petit bureau niché sous des estampes japonaise où trônait une gigantesque chaîne hi fi (seul achat m’étant indispensable). Une petit salle de bain attenante située  à gauche de se carré vétuste  s’étendait sur tout la largeur. Les seuls rayons du soleil me parvenaient d’une fenêtre à gauche de mon lit. Tout en très mauvais état, le papier qui ornait la pièce était crasseux. Mes sœurs auraient fait un scandale si elles avaient vu l’endroit que j’occupais.

 

J’entrais dans la salle de bains, un wc faisait office de décoration, je ne le regardais jamais, j’allais droit vers le lavabo où je me m’aspergeais d’eau sur le visage. En levant la tête, je vis mon reflet dans le miroir. J’avais toujours eu du mal  à me regarder, parce que ce visage était celui d’une incroyable belle jeune femme de 18 ans. Mon teint naturellement caramel avez viré au café au lait avec beaucoup plus de lait surmonté d’une tignasse tombant en cascade sur mes omoplates. Mon minois fin affichait une bouche pulpeuse et bien dessinée, j’aurais pu faire une publicité pour un rouge à lèvre. Mes yeux étaient en forme d’amande, quant à mes prunelles, d’ordinaire marron foncé, elles avaient laissé place à une lueur violette depuis ma transformation. Enfin depuis que j’avais dépassé mon stade de vampire nouveau-né, ils arboraient un noir foncé, avec un liquide violet qui changeait aussi en parme selon mes humeurs. Jamais je n’avais vu une telle couleur chez les vampires la plupart avaient les yeux marron clair avec un fils d’or qui s’y écoulaient, mais n’ayant jamais rencontré de vampire noir je ne pouvais comparer. Quant à mon corps, il pouvait défier n’importe quel mannequin à l’époque des années 90, puisque j’avais de très belles courbes, mais rien de comparable à Rosalie. Elle était la beauté incarnée, même Vénus aurait put l’envier.

Quand tout d’un coup, les yeux de Tristan me revinrent à l’esprit,  ils étaient bleus ! Bizarre encore une fois.

 

Je souffrais d’ennui, tous mes livres empilés sur le bureau avaient été lus. Je regrettais de ne pas pouvoir dormir, les journées auraient été plus courtes et les nuits moins longues, comme celles qui s’annonçaient d’ailleurs. Je me dirigeais vers mon lit quand le bruit d’un feu d’artifice me parvint à l’oreille. Il n’était qu’à une centaine de kilomètres. J’avais toujours aimé cet événement du moins c’était la sensation que j’éprouvais en y repensant, mes souvenirs d’humaine restaient flous.

_ «  Bon aller Kao bouge-toi un peu tu veux ! »

Je saisie ma veste et quittais ma chambre. Mon style vestimentaire était classe et simple, c’était mes sœurs qui m’avaient donné le goût du shopping, mais je préférais néanmoins porter un bon vieux jean’s. Je claquais la porte derrière moi me laissant guider par le bruit.

Je m’étais établie dans un petit village du nord, tout était verdoyant aux alentours. J’appréciais le paysage, un air de nostalgie flottait, on aurait pu imaginer Forks la nuit.

Plus loin, des plaines et des collines à perte de vue. Il m’arrivait de temps à autre, de sortir pour aller me coucher sur l’herbe et regarder les nuages gris défiler. Le temps était pluvieux, c’était d’ailleurs un critère de sélection, car le soleil mettait interdit. Ses rayons dénonciateurs faisaient apparaître des diamants sur ma peau. Nous devions nous en cacher, pour éviter de nous faire remarquer par les humains. Le vent me fouettait le visage, les paysages se succédaient, j‘avais accélérer ma course.

Je ne savais pas quel genre de fête j’allais trouver, mais pour la première fois depuis mon arrivée j’avais eu envie de voir la foule.

 

Parvenue dans un village, je découvris une animation avec des stands, ils étaient disposaient de chaque côté de la rue, restaurants ambulants, spectacles, jeux, tout était éclairé de lumières. Les habitants portaient des vêtements traditionnels, des yukatas et des kimonos que je reconnus. J’en aurais bien essayé un, juste pour voir comment il m’irait mais l’occasion ne s’y était pas présentée. Les enfants étaient heureux accompagnés de leurs parents, un petit pincement me prit mais j’avais décidé de ne pas y penser ce soir. Les feux d’artifices étaient plus loin, je croisais énormément de dragons avec des couleurs différentes, la musique était entraînante, des pantins désarticulés dansaient sur un rythme endiablé. Au moment où j’allais tourner dans la rue perpendiculaire, une personne me rentra dedans, un homme tomba brutalement à terre, j’eus peur de l’avoir assommé en le percutant.

_ «  Désolée, ça va ? » lui demandai-je anxieuse.

Il me répondit une phrase dans son langage que je ne compris pas. Son regard, évoquait de l’incompréhension. « Comment une gamine de 18 ans pouvait m’avoir fait aussi mal », je l’aidais à se lever.

_ «  Arigato » me dit-il.

Il me donna un bâton et me mima quelque chose, je compris que je devais l’allumer, une fois les feux d’artifices terminés. Je lui répondis.

_ « Arigato gozaimasu » heureusement que j’avais compris cette phrase.

Je continuais à marcher émerveillée par tout ce que je découvrais. Il y avait encore plus de monde qui était rassemblé au bord du fleuve, c’était une chouette idée de faire un feu d’artifice par ici, il se refléterait sur l’eau. Différentes couleurs jaillirent du ciel, bleu, violet, rouge, jaune, vert, orange, le  tout dans une explosion de fleurs qui perdaient leurs pétales. Pendant vingt minutes, ce fut un spectacle magnifique, le final était spectaculaire, une pluie de couleurs avait formé un dragon qui dansait. Un grand sourire était dessiné sur mes lèvres, un sourire d’enfant, ce que je voyais était magique.

 

Comme me l’avait fait comprendre l’homme qui m’avait percuté, tout le monde allumait son bâton, je n’avais pas de feu et je ne savais pas comment le demander, je décidais de mimer, quand quelqu’un me tendit un briquet.

Au moment où je m’apprêtais à dire merci, je fus surprise. Il était là, devant moi, me tendant un briquet : Tristan. Je n’avais qu’une envie sauter de joie, mais je me ressaisis, combien de fois avais-je eu envie de revoir son visage ? Une vague de bien-être m’envahit et j’étais terriblement heureuse de le voir mais je ne montrais rien, me contentant juste de le regarder.

_ « Il faut allumer le bâton d’étincelles avant que les autres ne s’éteignent. » Je repris mes esprits. 

_ « Ah oui, je ne connais pas du tout les traditions japonaises. »

Je pris le briquet et allumais mon bâton. Des étincelles jaunes s’illuminèrent, Tristan joignit le sien au mien, et en silence nous les contemplions se consumer. Je sentis son corps me frôler et une vague de frissons m’envahit, puis soudain la musique reprit et nous cessâmes de fixer le bâton.

_ « Comment allez-vous Kaori ? »

_ « Ça va. Et vous Tristan ? » Prononcer son prénom à haute voix me fit un drôle d’effet, dû à une certaine gène mélangée à une pointe de ravissement.

_ « Divinement bien. Logez-vous dans le coin ? » dit-il avec un air interrogateur.

_ « Non le bruit m’a attiré,  j’aime les feux d’artifice. » Répondis-je

_ « Magnifique non ? » 

_ « À en couper le souffle ! » finis-je. Il se mit à rire et je le suivi aussi. Tristan portait une veste en cuir mi-longue noir, par-dessus un pull bordeaux qui lui moulait le torse  accompagné d’un jean noir.

_ «  Et après vous comptiez rentrer ? »

 Ça ne va pas ! Depuis le temps que j’attendais de te revoir !  m’écriai-je intérieurement..

_ « Non, c’est la première fois que j’assiste à ce genre de fête japonaise, je compte bien en profiter. Par contre, je ne sais pas exactement ce que nous fêtons. »

Devant ses yeux ronds, je compris que ma question l’étonnait. Il me fixa un bon moment avant de me répondre d’un air perplexe.

_ « Le nouvel an ! »

_ « Déjà ? »  lui dis-je. Je ne faisais plus attention ni aux jours,  ni aux mois et encore moins aux années depuis bien longtemps. Il haussa un sourcil, hébété.

_ « Alors bonne année. » Ne sachant quoi dire.

_ « Bonne année à vous également. » Il me répondait tout en regardant droit devant lui.

J’étais gênée, car il me troublait, et j’avais peur qu’il s’en aperçoive, alors je me mis à marcher et par chance, il me suivit.

_ « Alors comment vous portez-vous depuis notre dernière rencontre ? »

Il désirait peut-être savoir si j’avais de nouveau tenté de tuer un enfant. J’allais lui poser la question quand je vis son regard, il était intense, j’avais l’impression qu’il pouvait voir en moi.

_ « Ça va. Je vis, pas le choix !  » lançai-je

Ah j’étais trop stressée sa réponse me désarçonna mais j’enchaînai.

_ « Et vous, vous habitez ici ? »

_ « Oui. »

La foule qui s’étendait le long du fleuve se dirigeait vers le village, attendant des animations qui allaient bientôt commencer.

_ «  Depuis longtemps ? »

_ « Un an dans ce village. »

_ « Et vous êtes seul ? » Nous le dîmes en cœur. Nous rigolâmes doucement, et il reprit sa phrase.

_ « Enfin je voulais plutôt dire vous vivez... » Il était gêné.

_ « Oui et je suis arrivée il y a quatre mois. » Ne le laissant pas finir sa phrase, j’avais compris son embarras.

_ « Pour ce lieu et ce pays ? » Il passa sa main dans ses cheveux, ce geste était craquant. Je le quittais des yeux pour lui répondre.

_ « Le lieu est parfait de part le temps gris et l’humidité, ensuite le paysage à un côté nostalgique de la ville où j’ai vécu. Le choix du pays est un pur hasard. Et vous ? »

_ « Je vis ici depuis un moment maintenant, j’aime ce pays. Quel est le hasard qui a fait que nous nous retrouvions à marcher ensemble à Mihio. »

_ « Le premier vol qui partait d’Afrique. »

 Combien de fois avais-je choisis mes destinations ainsi songeai-je

_ «  L’Afrique ? Vous aimez voyager ? » Il s’arrêta devant un groupe de jeune gens qui donnait un divertissement sur l’art du combat avec des sabres.

_ « Oui j’ai un peu la bougeotte. »

Nous nous tûmes un instant, le spectacle que nous offraient les habitants du village semblait époustouflant. Trois jeunes hommes et deux jeunes filles portant des tenus rouges et or. Ils maniaient les sabres à la perfection en effectuant diverse acrobatie.

_ « Vous comptez rester longtemps ? » reprit Tristan.

_ « Je ne sais pas, ça dépend. » Je continuais à regarder la représentation.

_ « Ça dépend, de quoi ? » Quittant l’animation des yeux, je le regardais un moment, puis je répondis.

_ « De ce que j’y trouverais ». Et enchaînai tout de suite. « En fait, je n’y connais rien de ce pays. La langue me freine, bon j’avoue n’avoir fait aucun effort pour la découvrir cela dit. A part le chemin de mon hôtel, les collines et plaines à trois kilomètres, je ne connais pas grand-chose. » Il réfléchit un instant.

_ « Et si je me proposais comme guide, cela vous conviendrait-il ? » Avec un air enjoué. 

_ « Et bien c’est tentant mais ne vous dérangez pas pour moi. »

_ « Vous ne me dérangez pas et puis c’est moi qui vous l’ai proposé. »

_ « Depuis quand notre race a t’elle besoin de guide pour découvrir le monde. »

_ « Ce soir ! Et puis c’est plus amusant d’être deux pour découvrir le monde non ? »

_ « Ok, mais j’y mets une condition alors. »

_ « Laquelle ? » me demanda-t’il l’air avenant.

_ « Etant donné que nous allons passer plusieurs journées ensemble, alors arrêtons de nous vouvoyer. »

Il me dévoila toute une rangée de dents étincelant. Et nous passâmes le reste de la soirée à regarder les spectacles que les villageois avaient mis en scène.


Par Léna - Publié dans : fantastique - Communauté : fictions crépusculaires
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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 13:37

RUINE

 



Tristan m’avait emmené dans des lieux aussi magnifiques les uns que les autres. Il était difficile de faire un choix.

Le Japon avait su préserver ses paysages datant de l’époque médiévale et on pouvait revivre les batailles qui firent rage à cette époque.

 

Il était déjà très tard lorsque nous rentrâmes, il me déposa en voiture à mon hôtel, abord d'une Lexus gris metalisée. Je découvris alors que c’était les vampires en générale ,

qui aimaient les beaux bolides puissants et non un caprice de ma famille.


J’adorais la vitesse, cette sensation d’aller vite, me donnait un sentiment de défi contre la vie, même si pour moi je l’avais déjà remporté depuis longtemps. Alors que je m’apprêtai à  quitter le véhicule, Tristan m’interpella de sa voix suave.

_ « Demain soit prête à 8h. »

_ « D’accord, au fait Tristan merci pour ses quatre jours. Chaque soir je rentre avec des merveilleuses images en tête. »

_ « Je te réserve le meilleur pour demain. Il m’offrit un sourire en coin en appuyant sur l’accélérateur, je claquai la porte et il partit.

Je saisis ma clé puis ouvrit ma porte, tout en marchant en direction de la salle de bains, je me débarrassais de mes vêtements que je jetais à terre. J’attrapais la télécommande de la chaîne stéréo et appuyais sur play, la voix du chanteur r&b Joe jouait « no else come close ». Je me fis couler un bain puis attrapais la bouteille de bain moussant posée sur le lavabo et versa un quart du liquide dans la baignoire. L’eau se changea en mousse, je dégrafais mon soutien gorge et enlevai mon shorty. Je glissai une première jambe puis la deuxième, et je finis par m’allonger entièrement dans l’eau mousseuse.

 

Je repensais à ces quatre derniers jours avec Tristan et aux lieux splendides qu’il m’a fait découvrir. Je me sentais bien en sa compagnie. Il faisait attention à chaque détail me concernant, il était prévenant et à l’écoute. J’en étais complètement subjuguée. Avait-il les mêmes sentiments pour moi ? Je craquais de plus en plus. Chaque regard m’incendiait, quand à son corps, s’il avait le malheur de me frôler ou de m’aider à descendre en me proposant sa main, ce qui arrivait quasiment souvent, une vague de frissons prenait naissance à l’endroit où il me touchait pour envahir tout mon corps. Ce mec me rendait complément dingue, et lui ressentait-il la même chose ?

 Une fois bien relaxée et propre, je quittais mon bain pour m’enrouler dans une serviette et fit de même pour mes cheveux. Je finis la soirée et la nuit en lisant tout en écoutant le cd des mélodies composées par mon frère.

 

 Le lendemain matin, lorsque Tristan frappa à ma porte, j’étais prête voir impatiente depuis une heure.

_ « Bonjour., tu es prête ? » dit-il, j’acquiesçais.

J’attrapai ma veste, fermais la porte et le rejoignis en direction de la voiture. Il m’ouvrit la portière du conducteur.

_ « Tu veux conduire ? »

_ « T’es sérieux ? » Surprise par sa proposition.

_ « Je t’ai observée hier, tu en mourais d’envie non ? »

En un éclair j’étais déjà à côté de lui, saisissant les clés qu’il me tendait.

_ « Merci. Lui dis-je sur un ton enjoué. » Tout en me les déposant dans la main, il renchérit

_ « Et puis ne craignant pas la mort, je ne risque rien. » Il s’assit ensuite sur le siège du passager tout rigolant.

_ « Très drôle, très drôle. » Lui répondis-je.

Je m’assis à mon tour, réglais le siége et les rétroviseurs, sans mettre m’a ceinture.

_ « Où allons-nous Mr le copilote ? »

_ « Je vais te guider. »

Je mis le contact et déboîtai sur la droite, la voiture se laissa conduire facilement. J’enclenchai la cinquième vitesse,  et j'atteignis les 190 kilomètre/heure. Quelles sensations excitantes.

_ « Je ne savais pas que tu aimais la vitesse si j’avais su… »

Je me tournai vers lui,

_ « Quel vampire n’apprécie pas ?  La peur de l’accident n’existe pas chez nous. » J’appuyais davantage sur l’accélérateur.

D’un coup, une biche dévala devant moi, sans que je m’en aperçoive, mes réflexes furent vifs, j’eus le temps de freiner, rétrograder pour braquer à gauche. La voiture fit un demi-tour laissant la biche continuer sa route, je braquais cette fois à droite, le véhicule se redressa sur la chaussée et j’accélérais de nouveau comme si rien ne s’était passé.

_ « Whoua quel contrôle, j’en suis épaté !

Je lui fis un sourire c’est du coin des lèvres, sans pour autant lui rappeler sa petite blague de tout à l’heure.

_ « Merci. »

_ « Qui t’as appris à conduire ainsi ? »

_ « Un fou du volant ! » dis-je en souriant.

Cette réplique ne lui décrocha aucun sourire, au contraire je perçu de l’irritation dans ses yeux, serait-il jaloux ?

_« Mon frère, il adore la vitesse et m’a appris tout ce que je sais sur les voitures. »

_ « Vous êtes combien ? » J’éveillai sa curiosité.

_ « Mes parents deux sœurs et trois frères. En fait c’est ma famille adoptive, ils se sont occupés de moi depuis mon éveil en vampire. Je lui fis le récit de ma transformation.

 _ « Tu n’en veux pas à ta mère adoptive ? »

_ « Si au début, bien sûr. Surtout que je pensais être au paradis, (je ris). Mais très vite la rancune m’a quittée et a  laissé la place à l’amour. Ma famille est tellement aimante que je ne pouvais leur en vouloir. Personne ne désirait ce destin, ils ont choisis d’y faire fasse en le combattant, j’ai eu de la chance de naître parmi eux. »

_ « Vous êtes le deuxième clan que je connais, c’est rare de trouver des vampires partageant la même demeure en se considérant comme une famille. »

_ « C’est ce que voulait mon père, et pour lui nous ferions n’importe quoi, et nous ne  pouvons vivre les uns sans les autres. »

Sans se tourner vers moi, il leva un sourcil et me fixa du coin de l’oeil. Je regrettais de suite mes derniers mots, car je venais d’éveiller sa curiosité sur « les raisons» de mon départ. J’essayais de changer de sujet, pour éviter qu’il me questionne à nouveau.

_ « Sinon j’ai aussi une autre famille qui vit en Alaska, se sont nos cousins en quelque sorte (rire). Et toi, où vit la première famille que tu viens de citer ?

_ « Ce n’est pas vraiment une famille plutôt un clan, il n’est pas comparable à ce que tu as vécu. »

_ « Où vivent-ils ? »

_ « En Europe. » Avant que j’aie eu le temps de poser une nouvelle question, il enchaîna.

_ « Ils te manquent ? »

Mes mains se  crispèrent sur le volant, et mon visage se modifia légèrement, assez pour qu’il s’en aperçoive.

_ « Chaque jour. » Murmurai-je.

_ « Alors que fais tu ici seule, loin des tiens ? » insista-t-il.

_ « T’es trop curieux ! » aboya-je.

Ma réaction fut inattendue comme pour lui que pour moi. Il ne posa plus de question et je conduisis dans le silence absolu, me concentrant uniquement sur la route, évitant son regard. Je ne voulais pas penser aujourd’hui à la perte de mon frère et de ma mère. J’avais passé quatre jours merveilleux en sa compagnie. Sans le savoir, il avait apaisé ma douleur. J’avais pour une fois envie d’oublier mon deuil. Au bout d’une demi-heure qui me parut durer une éternité, il rompit le silence.

_« Prend sur la droite, (je tournais). Et dès que tu peux, gare-toi sur l’accotement. »

Une fois arrêtée, je regardais le paysage où s’étendait une chaîne de montagnes et uneluxuriante forêt. L’heure du tableau bord affichait 11h45.

_ « Le reste s’effectue à pied, il ne nous reste qu’un quart d’heure. »

 Nous nous précipitâmes dans la forêt. Tout comme la vitesse, courir procurait une intense sensation de liberté, ma préférée. J’aimais sentir le vent fouetter mon visage, je laissais Tristan devant moi car je ne savais pas où il m’emmenait. Mais j’avais envie de jouer, une course où j’aurais pu me mesurer à lui, et gardais cette idée pour le retour.

Nous continuions à courir quand j’aperçus le ciel. A la sortie de la forêt mes yeux s’ouvrirent en grand. Nous étions à 30 mètres de haut, en bas se trouvait des ruines d’un village qui datait de l’air médiéval, un peu plus sur la droite une cascade se jetait dans une autre. Le soleil était au zénith et il renvoyait des rayons de couleur de l’arc-en-ciel.

Je m’assis en silence sans rien dire, ne voulant perdre aucune minute du  spectacle qui s’offrait à moi. Tandis que Tristan se tenait debout à mes côtés.

 _ « Pour la petite histoire, nous sommes à Yeagahara c’est ici qu’a eu lieu l’une des batailles les plus sanglantes de histoire médiéval, où le seigneur Otori Shigeru avait réussit à faire tomber le seigneur des guerres Iida Sadamu et sa puissante armées. »

Il s’accroupit et passa son bras autour de mes épaules, je me laissai aller et appuyai ma tête contre le creux de son épaule sans arracher  mes yeux de ce magnifique spectacle. On aurait dit une pluie de couleurs qui tombait sur le paysage verdoyant où les ruines pouvaient raconter leur histoire.

_ « Alors qu’en penses-tu ? » sa voix était douce.

_ « C’est… c’est… je ne retrouve pas les mots pour exprimer ce que je vois. Merci Tristan, tu ne peux pas savoir combien tu rends mes jours meilleurs. »

_ « J’ai un peu triché sur ce coup-là. » dit-il Avec un ton amusé.

Je levais la tête pour le regarder. Ses yeux bleus indigo me chavirèrent.

_ « En t’observant l’autre fois à la fête, j’ai remarqué que les couleurs de feux t’émerveillaient, alors je savais que cette endroit te plairait. »

_ « Tu m’observais à la fête ? Depuis combien de temps ? »

_ « Depuis le moment où tu regardais les dragons danser. » Je reportais mon attention sur le paysage.

_ « Je m’excuse pour tout à l’heure mais il y a encore des évènements de mon passé trop douloureux pour les aborder. Et j’ai quitté ma famille pour cela. »

_ « Tu n’a pas à t’excuser, nous avons tous un passé avec des moments difficiles à révéler. »

 Lui aussi a sûrement une part d’ombre dans sa vie. Mais je n’osais pas lui en parler. Il était peut-être comme moi et  désirait éviter le sujet. Il enchaîna :

_ « Et puis c’est moi qui suis trop curieux, non ? » Je le regardais à nouveau, il me sourit et je fis de même.

Il posa sa main sur ma joue et la caressa, sa peau douce m’envoya une décharge. Je plissais mes yeux sans quitter les siens, à vrai dire il m’avait complètement submergé par l’émotion.

J’approchais doucement ma tête vers la sienne, tout en imitant son geste. Ses lèvres étaient douces, il releva son visage  mais je l’en empêchais en le bloquant avec ma main.  Nous nous embrassions doucement avec délicatesse tout en me serrant davantage à lui. Mon corps se consumait, la pression de ses lèvres devint plus forte, passionnée, il ouvrit la bouche et je fis pareil, un grognement s’échappa de sa gorge,  alors qu’il glissait sa langue en effleurant la mienne, je tressaillis. Il m’embrassait en emprisonnant chacune de mes lèvres. Il finit par venir à la rencontre de ma langue avec la sienne, il l’a caressa tout doucement puis elles se mirent à claquer et je perdis le contrôle en lâchant plusieurs grognements. Ma main avait saisi ses cheveux pour l’attirer encore plus près de moi, nos baisers durèrent quelques minutes, puis il décolla sa bouche pour relever la tête et m’attira contre lui. Je me libérais de son étreinte pour me mettre entre ses jambes dos à lui, il m’enveloppa dans ses bras et nous continuions à regarder le spectacle du soleil qui s’offrait à nous.

 

Le trajet du retour fut plus rapide qu’à l’aller. Nous passames le reste de la journée à nous poser des questions sur ce que nous aimions et les pays que nous avions visités ainsi que le nombre de langues parlées.

Arrivée devant mon hôtel, je n’avais aucune envie de renter, je m’étais habituée à sa compagnie.

_ « Tu veux entrer ? »

_ « Non, une prochaine fois. »

Sa réponse s’abattue comme une violente claque. Devant ma déception plutôt flagrante, il posa une main sur ma joue et la caressa.

_« La prochaine fois j’accepterai ton invitation. » Je le regardais avec insistance.

_ « Je te le promets. » Murmura-t-il. Je saisie son poignet et embrassa la paume de sa main qui était posé sur ma joue. Je quittais sa voiture,  il démarra puis parti.

 

Dans ma chambre, allongée en position d’étoile sur mon lit, je repensais à cette journée, (la chanson « I miss you » défilait),  aux ruines, à la pluie de couleurs qui avait envahit le paysage. Puis, je repensais aux baisers échangés avec Tristan. Se fut mon premier, je posais mes doigts sur mes lèvres et un sourire se dessina sur mon visage. J’étais follement et éperdument amoureuse de lui.

Par contre, je n’avais aucune idée de l’étendue de ses sentiments, je l’intéressais, ça j’en avais aucun doute. Toutefois, il mettait une certaine distance entre nous et je n’arrivais pas à savoir pourquoi…

J’eu soudain envie de m’endormir, avec ses souvenirs pour pouvoir y rêver. Malheureusement, ce n’était que pure imagination. Depuis quand les vampires pouvait-ils dormir ?

Par contre, celle de ma gorge ne l’était pas, la douleur me rappelait la faim. Je me levais, éteignit la chaîne et sortis chasser.

 

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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 15:35

DON

 

Le lendemain, je chantais dans ma salle de bain « I’m a addicted to you », cette chanson avait le don de me donner la pêche ! Lorsque j’entendis quelqu’un approcher, en un éclair j’attrapai mon peignoir et ouvris la porte. Tristan se tenait devant l’entrée. Une expression surprise se dessinait sur mon visage.

_ « J’avais promis. » Il avait les bras chargés de plusieurs livres.

Il portait un pull bleu turquoise qui faisait ressortir la couleur de ses yeux avec un pantalon à pince noir. Il était incroyablement beau.

_ « Puis-je savoir de qui es-tu dépendante ? » Je plissais les yeux, (il m’avait entendu chanter).

 _ « Tu as une belle voix. » dit-il en plaisantant. Je m’écartais de la porte pour l’inviter à entrer.

_ « Du jeune homme qui vient de me quitter, tu ne l’as pas croisé ? » Je faisais semblant de le chercher en tournant la tête.

_ « Non, j’étais trop occupé à penser à toi. »

Cette phrase me déstabilisait, je le soupçonnais de chercher à me troubler. J’essayais de le camoufler avec une autre question.

_ « Bienvenu dans mon hante, en levant les bras. »

Tristan entra et observa la chambre. Je réalisais pour la première fois, à quel point ma chambre était minable avec ces meubles usés et le papier jaunit sur les murs, il reposa ses yeux sur moi. Le visage sidéré.

_ « Oui elle est un peu sordide, mais on si fait. » Il me regardait toujours sans rien dire, alors j’enchaînais. En fixant ses bras chargés.

_ « Que m’as-tu ramené ? »

_ « Tu m’as dit ne rien connaître sur le Japon, alors j’ai pensé à un petit cours de japonais, pour commencer et… »

_ « Chouette ! » dis-je avec amertume.

_ « Tu ne veux pas ? » Son expression avait changé, et il entamait déjà un demi-tour vers la porte d’entrée.

_ « Si, si » répondis-je avec entrain.

 En fait, je n’avais qu’une seule et unique envie dès l’instant ou la porte s’était ouverte et que j’avais reconnu Tristan. Malheureusement nous n’étions pas du tout sur la même longueur d’onde. Cette pensée m’attrista.

_ « C’est ça ! » se plaint-il. Je l’invitais à s’asseoir sur le lit, n’ayant pas d’autre endroit oùs’installait pour ce cours particulier.

_ « Tu peux me laisser le temps de m’habiller. » lui demandai-je. J’attrapais un jean’s, un pull à col roulé beige, sous-vêtements et me vêtis en quelques secondes.

_ « Et si tu me parlais un peu de toi, généralement les questions c’est souvent moi qui y réponds. Alors, si tu commençais par me dire où tu es né ? » dis-je en quittant la salle de bains.

_ « En Angleterre. »

_ « En quelle année ? »

_ « Il y a très longtemps. »

_ « Ça veut dire ? »

_ « Devine ? »

_ « Ok, avec ton prénom ancien, plus ta façon de parler, en rajoutant le fait que tu connais le monde entier, et que tu y es resté pendant plusieurs décennies, il me faut encore prendre en compte ta maîtrise de la faim, je dirais 200 ans. »

_ « Presque 238 »

_ « Effectivement je n’étais pas trop loin. »

_ « Tu restes si jeune pour moi Kaori. » soupira-t-il. Je n’aimais pas du tout son intonation.

_ « Comment ça jeune ? Que veux-tu dire par là ? »

_ « Tu ne connais pas grand-chose. »

_ « Ben, j’ai l’éternité pour ça alors. » Il sourit et reprit.

_ « 205 ans de différence  ce n’est pas très morale non ?! »

_ « On appel cela un crime, punit sévèrement par la loi. » ricanai-je Il n’avait pas l’air de vouloir plaisanter sur ce sujet, je finis par dire.

_ « Sûrement à ton époque. Je m’allongeais sur le lit, parle moi de ta transformation. Il s’allongea à son tour sur le côté, appuyant sa tête sur sa main.

_ « Je suis né au XVIIIe siècle, en plein au cœur de Londres. Ma famille et moi-même vivions dans une demeure correcte, nous avions chacun nos appartements. Mon père était médecin et ma mère comme toute femme à cette époque s’occupait du foyer. J’avais deux frères et une sœur, et nous ne manquions de rien, nous étions heureux.

Par contre j’avais un défaut, j’occupais mon temps aux jeux et aux fêtes. Néanmoins, j’étais quelqu’un d’intelligent et je réussissais à échapper aux avertissements de mon père.

Un soir, alors que je quittais la demeure d’un ami où je passais souvent jouer aux cartes, avec trois de mes camarades, nous fûmes abordés par un homme et une femme dans la rue. Ils connaissaient notre réputation. Les jeux de carte n’avaient aucun secret pour moi, j’étais imbattable.

 Cet homme nous proposa une partie de poker avec un gros butin pour l’heureux gagnant. Ce n’était pas cela qui m’attirait des le jeu, mais la stratégie des adversaires. Comme tu disais tout à l’heure j’étais addict. Toutefois mes amis voulaient rentrer et j’insistais pour y aller, rien qu’à l’idée d’avoir les cartes en mains, j’en frissonnais.

 Plusieurs éléments m’indiquaient de me méfier, le premier fut lorsque j’ai cru voir l’homme voler, tellement ça démarche semblait rapide. J’étais aviné et sous cet effet je pouvais y voir n’importe quoi.

Par contre, l’incroyable beauté de la femme qui l’accompagnait me frappa, elle était de taille moyenne, de longs cheveux raides d’un châtain foncé, son teint était blême, les yeux cernaient, ses iris renvoyaient une couleur rouge. Tout en s’approchant de moi avec une démarche gracieuse,  elle dit à son compagnon qu’elle me voulait.

Je lui répondis que mon cœur n’avait pas de prix, mon jeu oui. Je partis dans un fou rire.

Je regardais Tristan hilare de son propre malheur et il reprit :

_ « Alors allons y, je sens une main chanceuse ce soir. »

La femme qui se tenait devant moi me répondit

_ « Vous ne pouviez imaginer à quel point. »

Mes amis décidèrent de renter. Je restais seul, maintenant avec du recul mon comportement était irréfléchi. Je les suivis dans plusieurs ruelles lorsque nous arrivâmes dans un cul de sac, ils se retournèrent et me fixèrent, mon corps en alerte frémit de tous ses membres, une frayeur incroyable naissait en moi. Leurs yeux restèrent bloqués au niveau de ma gorge, leurs visages d’anges avaient laissé place à deux monstres dévoilant leurs crocs. Ils se jetèrent tous les deux sur moi. Je ne saurais dire pourquoi ils ne finirent pas leur festin, cependant ils m’abandonnèrent me laissant pour mort.

Tristan se tourna pour faire face au plafond et continua :

_ « Je me réveillais après d’horribles tortures, j’étais complément perdu mais une seule chose qui m’obsédait : la soif, et quitte à tuer pour cela.

J’errais ainsi pendant plusieurs années avant de faire la connaissance d’un vampire qui m’apprit à me contrôler. Se fut lors de ma vingt et unième année où je cessai d’être humain et embrassai l’éternité.

Son récit était captivant à moins que ce ne fut lui, en tout cas j’adorais apprendre des éléments le concernant. 

_ « Voilà petite curieuse. »

_ « Et après ? »

_  « Je voyageais d’abord de ville en ville et puis les pays. »

_ « Et ? »

_ « Et ? Rien de spécial. »

_ « Tu mens ! » Il écarta les yeux.

_« Comment ça ? » dit-il intrigué

_ « Lorsque tu m’as m’empêché de tuer l’enfant dans la forêt, tu as évoqué avoir eu une longue vie semée d’embûches, pour quelqu’un qui se nourrissait de sang humain. Alors ? » insistai-je.

Il était surpris, lui qui parlait si peu de lui, ne pensait pas s’être autant livré. Il réfléchissait un instant et ajouta :

_ « Alors je te raconte si tu en fait autant. Pourquoi as-tu quitté ta famille ? »

Pour éviter ma question, il préférait m’attaquer sur la douleur qui commençait à peine de cicatriser. Je me levais brusquement, il m’imita, et me saisit par le bras pour m’attirer contre lui. Il savait exactement ce qu’il venait de déclenchait en moi.

_ « Moi aussi j’ai une part d’ombre que j’ai du mal à faire partager, cela n’a rien à voir avec toi », m’avoua-t-il. Il me retourna puis me serra dans ses bras.

_ « Je m’excuse pour ce que je viens de te dire. » dit-il avec véracité.

 Je relevai la tête et il plongea son regard dans le mien. Je fus étourdie, l’or de ses yeux s’écoulait, j’avais l’impression de voir un océan s’animer.

 _« C’est bon je vais bien. » Je me dégageai.

_« Attend ! Écoute-moi, lorsque je serais prêt Kaori, je te dirais tout, mais pour l’instant je ne peux pas. »

_ « Tu crois qu’une histoire peut se construire sur des événements cachés à l’autre ? »

_ « Non pas vraiment, mais je ne laisserais pas cet élément caché se mettre entre nous. (Il sourit) Par contre ton âge oui. »

 

Ce fut comme une deuxième claques, quel rapport ? Je ne voyais pas du tout le rapport ? Il parlait de quoi là. Il comprit à mon expression.

_ « Je suis de toute évidence beaucoup plus âgé que toi, je ne peux t’accaparer. Tu as encore tellement de choses à découvrir. Je le regardais hébété. Mais de quoi parlait-il bon sang ?

_ « J’ai vu beaucoup de choses et vécu… »

_ « Bon arrête tes bêtises, si tu veux pas de moi dit le. C’est bon je ne vais pas te faire une scène, m’emportai-je. Il pinça mon menton entre ses doigts.

_ « Tu crois vraiment ça ? »

_ « Alors à quoi ça rime tou… »

Il m’embrassa d’une violence écrasante qui me fit perdre mes mots et déclencha une éruption en moi. Il caressa d’une main chaque partie de mon corps, je frissonnais et fondais. Je le poussa jusqu’au lit, il s’assit puis se coucha, je le suivis sans quitter ses lèvres. Mon corps était enflammé, je n’avais jamais ressenti cela auparavant et c’était très très agréable.

Je lui enlevais son pull et lui embrassais son ventre formé d’abdominaux. Il jouait avec mes cheveux. Je remontais jusqu’à lui en le couvrant de baisers. Il m’embrassait dans le cou. Je lui mordillais le lobe de son oreille. Il poussa un grognement de plaisir alors je continuais sur sa joue et ses lèvres. J’étais plutôt entreprenante mais je trouvais cela normale. Tristan grognait de plus en plus fort, je me demandais si c’était normal, enfin si cela faisait partie de l’intimité en fait. Tout en l’embrassant il saisie ma tignasse ondulée et m’embrassa dans le cou puis :

_ « Kaori non ! »

J’ignorais ses mots et voulus à nouveau m’approcher, il se dégagea et s’assit. Je le regardai surprise, le geste qu’il venait de faire m’ébranla, je me sentis perdue.

_ « Kaori, pas maintenant, pas comme ça ! C’est trop tôt tu es si jeune, attendons encore veux-tu ? »

D’un coup, je saisis ses paroles, il n’était pas question d’aller plus loin entre nous. Il était sérieux depuis le début, lorsqu’il mentionnait mon âge, il se fichait de mes sentiments pour lui,  la porte d’entrée commençait à vibrer, il venait de m’humilier, la porte et la fenêtre venaient maintenant de s’ouvrir.

Tristan avait arrêté de parler et fixait ce qu’il se passait, un vent glacé était entré et fouettait nos visages.

C’est un amour à sens unique, voila ce qu’était notre relation.

Le vent prit de la puissance et une tempête se déclencha.

_ « Kaori, tu as vu ? »

Je ne l’écoutais plus, je n’entendais plus rien, ma colère embrouillait tout. Je me levais marchant vers la sortie, la tempête devenait de plus en plus violente au fur et à mesure que les secondes s’écoulaient.

 _ « Non, Kaori reste ici ! »

Le vent se mit entre lui et moi, comme une barrière voulant me protéger. Une fois dehors la pluie et les éclairs tombaient, au loin une tornade prenait forme. Je sentis une main sur mon bras, je tournais la tête et vis Tristan, il m’empêchait de continuer d’avancer.

_ « Fiche-moi la paix ! » criai-je et d’un mouvement de bras je l’envoyais valser avec un vent violent. Il allait s’écraser tout droit contre une voiture qui allait sans aucun doute d'être détruit par le corps de pierre de celui-ci.

Je levai la tête vers le ciel, j’étais hors de moi. Soudain, je sentis un étau dans ma tête, je portai mes mains sur mes tempes, et la secoua. Des vertiges me prirent et je partie en arrière perdant l’équilibre, je me rattrapai sur un lampadaire tordu par la tempête que j’étais entrain de déclencher. En tournant la tête, j’aperçus Tristan assit me fixant droit dans les yeux. Le vent souffla encore plus fort et une armada d’éclairs jaillit du ciel. C’est alors que l’étau se transforma en une douleur atroce, je poussais un hurlement déchirant et la terre trembla sous mes pieds puis je me sentis partir.

 

 

 

 

***

Lorsque je repris conscience j’étais sur mon lit, j’avais du mal à comprendre ce qui venait de se passer, à part que je me réveillais tout juste. Ce qui était impossible ne pouvant pas dormir. Des yeux, je cherchais un élément pouvant m’aider, lorsqu’ils tombèrent sur Tristan, assit sur la chaise me fixant d’un drôle d’air, aucune expression de colère mais de la méfiance.

J’essayais de me relever mais j’avais mal au crâne, ce qui me rappelais cet étau que j’avais ressenti et la douleur que j’avais subi avant de perdre connaissance.

Tristan s’était rapproché, dès qu’il avait vu que je tentais de bouger.

_ « Reste encore allongée ça devrait passer dans quelques minutes. » 

J’acquiesçais en posant mes doigts sur mes tempes.

_ « Que s’est-il passé ? »

_« A toi de me le dire ? » Son ton prit une drôle d’intonation, le liquide de ses yeux avait durci.

_ « J’ai du mal à me souvenir, tout est brouillé. Je me rappelle juste d’une horrible douleur. »

_ « Et avant ? »

Je réfléchis un instant, je repensais au baiser à Tristan puis à ma la colère

_ « J’étais en colère, hors de moi et j’ai heu… » Je levais la tête vers lui.

_ « J’ai soulevé une tornade ? » Il acquiesça.

_ « Un petit tourbillon » je le mimai avec les doigts,  lui demandai-je. Il fit un signe de négation avec la tête. Je regardais autour de moi mais mon crâne me rappela à l’ordre.

_ « J’ai déclenché une vraie tempête hein ? »

_ « Un début de tornade plutôt. » renchérit-il. Mon visage changea d’expression pour aborder celui de la consternation.

_ « Je suis désolée, ça ne m’était pas arrivé depuis plus de 25 ans. Je ne sais pas ce qui m’a prise.

_ « Moi je sais, c’est quand je t’ai expliqué « pourquoi » nous ne devions pas continuer. »

Tout un coup la mémoire revint à moi. Je me rappelais chaque détail et l’humiliation qui m’avait gagné, puis la colère qui m’avait envahit, et aussi dehors…

_ « Je t’ai fait mal ? »

_ « Non, mon corps de pierre résiste à tout, tu le sais bien. »

_ « Tu m’en veux ? »

_ « J’ai ma part de responsabilités, alors non. Par contre, je t’avouerais ne pas avoir été préparé à ta spécificité. Tu ne l’avais même jamais évoqué. »

_ « J’aime les effets de surprise. » dis-je avec un sourire. Il ne rit pas et j’avais peur de le décevoir.

_ « Et après de quoi te souviens-tu ? » Je fermais les yeux pour mieux y réfléchir.

_ « Une douleur au niveau de mon cerveau qui m’a déséquilibré et toi me fixant. (Je le regardais à nouveau) c’était toi hein ? »

_ « J’étais hors de moi d’avoir dû utiliser ça contre toi, mais tu as perdu tout contrôle et la tornade grossissait à vu d’œil. Je suis terriblement désolé. Je ne voulais pas te blesser. » Il s’était rapproché et prit mes mains qu’il serra contre sa joue.

_ « Je ne t’en veux pas Tristan, si tu ne m’avais pas arrêté, j’aurais tout détruit, il ne resterait plus rien, sans compter le nombre de victimes. » Il me sourit enfin et je pouvais m’asseoir à nouveau.

_ « C’est quoi au juste ton don ? »

_ « Ma spécificité tu veux dire, car j’appellerais pas ça un don. Il fait trop souffrir ! » Je lui posais une main sur la joue.

_ «  Allé, réponds-moi. »

« En fixant les gens je peux envoyer une décharge dans le cerveau qui déstabilise chaque partie du corps, je peux aussi contrôler n’importe quel corps et faire perdre conscience comme je te l’ai fait. C’est à ma connaissance la seule façon qu’a un vampire pour dormir, enfin façon de parler.

_ « Whoua c’est flippant comme don ! »

_« Oui je sais. C’est pour cela que mes yeux n’ont pas changé de couleur, enfin c’est ce que je pense, étant donnée que la plupart des vampires ont les yeux marron clair avec des fils d’or. Moi, ils sont restés indigo. Il avait enfin répondu à l’une des mes questions qui me turlupinait, pensai-je.

_ « As-tu peur de moi ? » Sa question me surprit.

_ « Non pourquoi ? »

_ «Quand les gens apprennent mon don, c’est l’effet que je leur fais. »

_ « Pas pour moi, au moins le jour où je perds à nouveau le contrôle je peux compter sur toi. C’est dommage que ça fasse aussi mal. En repensant à la douleur.

_ « Je suis très sincèrement désolé. » Il était triste et confus.

Je changeais de sujet.

_ « Bon on dirait que le cours de japonais est reporté. »

Nous rions tous les deux de bon cœur. Même si je n’oubliais pas la raison de ma colère.

 

« Quel genre de relation attendait Tristan »

Voici désormais la seule question qui hantait mes pensées

 

Par Léna - Publié dans : fantastique - Communauté : fictions crépusculaires
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