1 ère partie
DECHIREMENT
Ma jeunesse n’avait pas ressemblé à celle que l’on s’imagine lorsque l’on est encore une enfant insouciante et ignorante du monde qui l’entoure. J’ai grandi dans une petite banlieue proche de Manhattan dans les années 1956, entourée par des parents aimants et un petit frère casse-pieds. Ma vie à l’époque se résumait à mes études au lycée, à mes amies et à mes rêves. Les gens vous demandent souvent ce que vous aimeriez faire plus tard, quand vous seriez grandes. Moi, je m’inventais une vie paisible dans une maison splendide avec un petit jardin où je retrouverais chaque soir mon mari et mes enfants en sortant du travail. Voilà, comment je m’imaginais plus tard, quand je serai une femme, statut que je n’aurai jamais l’opportunité d’atteindre, coincée pour l’éternité dans mes 18 ans. Cependant, et pour l’instant, je pouvais encore rêver.
Malheureusement, ce bonheur inventé m’explosa en pleine figure avec la mort de mon père. Il mourut pendant la
guerre du Viêtnam en 1971, je n’avais alors que 15 ans et cette perte bouleversa à jamais mon existence. Ma mère plongea dans une profonde dépression et n’en sortie jamais, enfin il me semble.
Nos finances ne nous permettant plus de subvenir à notre train de vie, nous étions contraint de quitter notre charmant quartier pour celui d’un immeuble délabré dans le Bronx. J’évoluais parmi
les trafics de drogue, la contamination du SIDA et les affrontements quotidiens entre les différents gangs des quartiers voisins, soient contre les italiens, les
Afro-Américain ou encore les hispaniques.
Mon comportement changea du tout au tout. Je m’endurcis et cessa de rêver, me contentant alors de survivre et luttant pour me maintenir la tête hors de l’eau. Ma famille fut
pour moi mon seul but, je désirai un avenir meilleur pour mon jeune frère. Il fallait que nous quittions coûte que coûte cet environnement sinistre pour qu’il ne devienne pas notre tombeau.
Toutefois, malgré mes efforts pour maintenir une certaine cohésion dans ce qui restait de mon foyer, je ne réussis pas à éviter le pire : ma destinée tragique.
Le drame arriva un mercredi du mois de février, le temps était couvert et le soleil ne perçait pas à travers les épais nuages blancs qui c’étaient accumulés au-dessus de ma tête, je ne compris
pas le signe que l’on me lançait. Je parcourai les rues, tout en fredonnant les premiers accords de My girl d’Otis Redding, retentie dans mes oreilles, tout en me rendant à mon lycée.
Je n’avais que dix petites minutes de marche, je pouvais prendre le bus, mais je tenais à éviter tous contacts avec les gens du coin, peu recommandables, et toujours prêts à s’entretuer pour un
regard mal interprété. Je descendais ma rue quand j’entendis les premiers coups de feu vingt mètres plus loin. Une guerre faisait rage à quelques pas de moi. Il ne fallait pas compter sur une
intervention de la police, cette dernière ne mettait pas les pieds dans mon secteur, seuls les ambulanciers pointaient leur nez pour emmener les corps qui jonchaient la chaussée et repartaient si
tôt la sale besogne effectuée.
Je me mis à courir dans la ruelle parallèle pour pouvoir me cacher derrière le container et attendre que l’orage passe. Je compris trop tard que mon choix ne fut pas judicieux. Une partie des
rebelles couraient droit dans ma direction armes aux poings, pourchassés par le clan ennemi qui prenaient la rue d’assaut. Tout se déroula extrêmement vite, un type avait surgie sur mon flanc
pour abattre l’homme qui se tenait tout près, trop près de moi. Je tentais une évasion pour ne pas me retrouver sous les feux des tirs mais une balle vint me frapper en pleine poitrine. Je
tombais à genoux, ma main se baladant sur mon t-shirt pour constater l’ampleur des dégâts. Je sentis alors un trou minuscule et un liquide poisseux qui s’en échappait. Mes yeux se posèrent sur
mes doigts, ils étaient rouges vifs. Bizarrement, je ne ressentis pas tout de suite les tourments de la douleur. Elle devait être tellement fulgurante qu’elle en était non perceptible. Drôle de
réflexion qui s’imposait à moi, alors que la vie s’échappait lentement mais sûrement à travers cet artifice. Ainsi, j’allais mourir dans cette rue à cause d’une balle qui ne m’était même pas
destinée, à cause d’une faute que je n’avais pas commise.
La vision de mon père s’imposa brutalement à moi, il était mort dans les mêmes conditions que les miennes, sauf que lui était responsable de son trépas et à cause de lui je subissais le même
sort. Je le détestais pour avoir préféré sa carrière militaire plutôt que sa famille, s’il n’était pas allé se battre, je serais aujourd’hui entourée de mes amies, ou en train de vivre mon
premier amour. J’allais partir, quitter ce monde sans n’avoir jamais été embrassé, sans avoir vécu réellement.
Je sombrais dans les limbes de mon cerveau et pensais à ma mère et à mon frère, qui allait s’occuper d’eux maintenant, qu’allaient-ils devenir ? Alors que je me perdais dans la révélation de
mes derniers souvenirs, à écouter les derniers battements de mon cœur, je sentis la caresse froide de la mort m’envelopper et son souffle glaciale sur mon visage. Tout de suite après, la douleur
fut fulgurante, enfin s’empara de moi, et elle me brûlait littéralement et je pouvais presque retracer le parcours du feu dans mes veines, dans mon sang, s’infiltrant jusque dans mon cœur.
La mort n’est qu’un état, elle n’est pas une fin…
La souffrance avait laissé son trône vaquant, je pouvais désormais penser, et cette prise de conscience me sembla étrange. J’étais morte, néanmoins mon cerveau continuait de réfléchir, je pouvais
constater que mon corps ne souffrait plus. Peut-être le mal avait-il renoncé à me tenailler en même temps que mon enveloppe charnelle s’était détachée de mon corps ?
_ Mince alors ! Je n’en revenais pas, je devais sans doute me trouver au… paradis. Je n’avais jamais cru à ses supercheries d’Éden, ou de vie après la mort. A moins que je ne sois pas
morte, avais-je survécu à mon accident ? Je tentais alors une expérience, celle d’ouvrir les yeux.
La lumière jaillit, mes yeux s’habituaient facilement à autant de clarté, sans ressentir, aucun moment, le besoin de les plisser. Puis, se fut au tour des odeurs de m’assaillir, je pouvais sentir
une myriade de senteurs, à tel point que j’avais l’impression de me tenir dans le cabinet privé d’un parfumeur en pleine création. Finalement, je devais être bel et bien morte !
A peine avais-je pris la décision de me relever que je me retrouvais debout, les jambes solidement ancrées dans le sol. Cette prouesse physique m’étonna autant qu’elle me ravit, mon âme libérée
de l’entrave de mon corps lourd et noueux, m’avait allégée.
A ce moment là, j’aperçus deux anges resplendissants qui se tenaient face à moi. La femme me souriait, mais sa pâleur me frappa, il y avait quelque chose dans son visage en forme de cœur qui me
firent penser aux ingénues des films d’autrefois. Elle était étrangement enjouée et heureuse. L’homme au contraire, restait calme et semblait m’examiner minutieusement, puis il vrilla ses yeux
dans les miens.
_ Bonjour, comment vous sentez-vous mademoiselle ? Tout comme la femme à ses côtés, son visage avait une étrange pâleur. Il était jeune, blond d’une beauté à en couper le souffle. Je
remarquais leurs cernes violacés sous leurs yeux. Son regard ne relâcha pas sa bride tandis que ses sourcils se froncèrent.
Pourquoi cet homme s’inquiétait de mon état. Espérait-il que je me porte comme un charme !
_ Comment voulez-vous que je me sente ! Dois-je vous rappeler que je suis morte ! Ma réponse fut froide et sèche. Je ne supportais pas que l’on se moque de moi.
_ Excusez moi de vous contredire, mais il me semble que vous faites erreur, enfin en partie. Permettez moi de vous expliquer votre… situation dorénavant il semblait mal à l’aise, cherchant ses
mots. Que voulait-il me dire ?
_ Pas la peine de tourner autour du pot, dites moi l’étendue des dégâts. Mon accès au paradis est compromis pour quels actes commis dans ma jeunesse ? Ma colère me démangeait. J’étais morte
à cause d’une balle perdue, ma place au paradis devait me revenir de droit. Et puis qu’entendait-il en me disant que je faisais erreur. En voyant l’homme hésiter, la femme pris la parole.
_ Bonjour, je me présente Esmée Cullen. Sa voix était douce et maternelle, tout en elle inspirait à l’admiration : son visage radieux, ses boucles caramels qui irradiaient au soleil et
son sourire bienveillant. Elle était l’incarnation parfaite de la mère aimante et protectrice. Elle tenta de s’approcher de moi, mais je reculais de suite. Alors l’ange reprit son discours.
_ Je me rendais dans une association quand je t’ai vu. Tu avais déjà perdu énormément de sang, et à la vue de ta blessure j’étais sûre que tu ne t’en sortirais pas. Je dois bien me l’avouer, j’ai
eu de la peine, tu es encore si jeune. La décision était déjà prise avant même qu’elle ne me vienne en tête. Je t’ai mordu dans le cou, au plus près de la carotide, pour que le venin agisse au
plus vite et puisse faire effet, avant que tu ne succombes à ta blessure. Je m’excuse par ailleurs, je n’avais aucune dose de morphine sur moi, pour calmer le feu qui s’emparait de ton cœur, ta
transformation n’était pas préméditée. Elle rit à cette réplique, alors que j’étais perplexe, sans voix, du coup elle continua.
_ C’était la première fois que je transformais un humain en… l’un des nôtres. elle baissa son regard en même temps que sa voix mourut dans sa gorges.
Pourquoi, avait-elle, elle aussi, buté sur un mot ? Que cherchaient-ils à me dire ? La vérité devait être trop dure à révéler. Je trépignais sur place, attendant que la révélation tombe.
_ Je vois vos regards inquiets, j’entends votre voix qui flanche à chaque fois que vous touchez au but. Je vous en prie dites-moi ce qu’il m’arrive, cette ambiance me rend nerveuse. Lorsque
l’homme ouvrit la bouche je savais que la vérité allait me déplaire.
_ Ma femme t’a mordu pour que tu puisses vivre, je puis rajouter même que tu vivras à jamais, puisque tu es devenue un vampire. Leurs regards ne me quittèrent plus, appréhendant ma
réaction. D’ailleurs, elle fut longue à venir, je ne savais pas si je devais me réjouir ou leur en vouloir. Voyant que je ne répondais pas, l’homme m’expliqua dans les moindres détails ce que
j’étais devenue, ce qu’allait être ma vie, et mon besoin de sang. Cependant, il me certifia qu’ils allaient s’occuper de moi, et que je pouvais rester vivre avec eux, qu’ils seraient là pour
m’aider dans les épreuves que je traverserais.
La mort n’est qu’une délivrance, pour moi se fut une nouvelle expérience.
Ainsi,
je fus adoptée par la famille Cullen, par mes deux anges bienveillants. Esmée et Carlisle, son mari, avait déjà cinq enfants, enfin plutôt de grands adolescents. Ils n’avaient d’enfants que le
statut. Aucun lien de parenté unissant ses être exceptionnelle. En effet, la tribu s’organisait autour d’une petite histoire que les Cullen servaient pour les humains. Esmée était la tante des
jumeaux Rosalie et Jasper Hale. Tandis que Emmett, Edward et Alice avaient été adopté par la famille, heureux d’accueillir en leur sein des orphelins.
A l’instar de leurs parents. Ils en étaient tout aussi fascinants. Mais, certaines similitudes dans leurs traits pouvaient aisément accorder du crédit à leurs accidents familiaux. En effet, ils avaient tous cette place caractéristique aux vampires, ainsi que leurs yeux aux beurres noirs, et la lueur pétillante dans leurs regards assoiffés. Néanmoins, je parvenais à discerner les originalités de chacun. Les jumeaux par exemple, n’avaient de semblable que la blondeur de leurs cheveux. Rosalie était une femme ravissante, son corps plantureux et sa silhouette élancée aurait fait pâlir n’importe qu’elle femme. Tandis que Jasper, dont les boucles plus longues caressaient sa nuque translucide, offrait les marques d’une beauté froide, ses traits étaient plus carrés, dures que ceux de sa sœur. Les trois autres enfants Cullen se différenciaient tout autant. Emmett, brun aux cheveux court et bouclés ne passait pas inaperçu de part sa carrure massive et musclée tel un ours. A son côté un frêle de petite chose couche et noire sautant sur ses pied : Alice. Un petit bout de femme, les cheveux brossés en pointes au sourire enjôleur. Et pour clore le tableau familial, Edward l’introvertie de la famille avec sa tignasse cuivré et désordonnée. Son visage fermé n’en était pas disgracieux bien au contraire. J’appris que certains d’entre eux formaient des couples. Ainsi, le ténébreux Jasper s’associait avec la frêle Alice. Et le massive Emmett avec la sulfureuse Rosalie.
La rencontre avec le reste de la famille m’avais et littéralement coupé le souffle, j’étais sidérée par autant de beauté et de ravissement, mais c’était avant qu’un miroir ne croise mon reflet. Je faillis pleurer, enfin si cela m’avait été possible. Ma peau avait pâlit, d’ailleurs elle était devenue encore plus froide que la pierre, et mes yeux étaient rouge vif. Mais surtout, j’étais belle, mes rondeurs de l’enfance avaient fait place à des traits droits qui soulignait mon ossature. Mes lèvres s’ouvraient sur une rangée de dents blanches et tranchantes. Et enfin, j’étais forte et invincible, ni Emmett et ni Jasper, ne réussissaient à m’attraper quand je me dérobais à leur surveillance. Mais étant la plus jeune je fus la plus protégeais, et cédaient à tous mes caprices et mes envies. Mais cela ne dirait qu’un temps. La vigueur de mon sang d’humain coulait dans mon corps m’offrant une force que mes frères végétariens ne possédaient pas. Carlisle avait a développer une autre philosophie afin de côtoyer les humains : s’abreuver du sang animal.
Par conséquent, nous avions quittés New York pour emménager dans une petite ville du nom de Forks. Le climat couvert et pluvieux étant idéale pour nous et la tentation du
sang humain était moins tentant pour moi, Néophyte. Dorénavant ma vie était rythmée entre les parties de chasse avec Emmett, les entraînements intensifs d’Alice et Jasper, et mes nuits étaient
consacrés à Edward. Je m’étais très vite attachée à lui, nos discussions étaient aussi primordiales pour moi que l’était le sang pour calmer ma soif. Il m’apprit à jouer du piano, à conduire ma
première voiture et à ses côtés la soif de sang humain me tenaillait moins.
Ma famille m’enseigna aussi à maîtriser mon don. Car certains vampires pouvaient naître avec une spécificité, la mienne était le vent, je pouvais le contrôler.
Lorsque je me sentais d’une humeur massacrante, Carlisle avait remarqué que le vent devenait de plus en plus fort, voire violent.
Un jour, alors qu’Emmett m’avait vraiment mise hors de moi, j’avais déclenché une véritable tornade de niveau quatre, écrasant tout sur son passage. C’est alors que Carlisle n’avait eut plus aucun doute sur ma capacité à maîtriser le vent.
Malgré mes efforts pour me contrôler, je n’étais encore qu’un tout jeune vampire qui pouvait à tout moment craquer et tuer des honnêtes gens. Mon expérience sur la soif et sou contrôle était
encore limitée pour me monter aux yeux de tous. D’ailleurs, à plusieurs reprises je faillis m’en prendre à des randonneurs ou chasseurs qui avaient le malheur de s’approcher de nous pendant nos
parties de chasse. C’est pour cela, que je ne fus pas autorisé à approcher ma famille, même de loin. Rosalie, se rendait une fois par mois dans mon ancien quartier pour me donner des nouvelles.
Aujourd’hui, je reste persuadée qu’elle me mentait pour ne pas m’inquiéter et pour m’éviter tout acte stupide.
J’avais qu’une seule hâte dépasser mon stade de nouveau né pour aller les retrouver. Je ne savais pas encore comment j’allais leur expliquer ma disparition de dix ans, mais je trouverai bien
quelque chose au moment opportun.
Malheureusement, je n’eu pas l’occasion de revoir ni ma mère ni mon frère une dernière fois, car sept ans après ma renaissance, une terrible nouvelle vint ébranler ma nouvelle existence, faisant
voler en éclat tout le travail jusque-là accumulé. En effet, j’appris l’incendie de mon immeuble en pleine nuit, tuant tous leurs occupants pendant leur sommeil. Le drame me ravagea jusqu’au plus
profond de mon être, et je sombrais dans une tristesse qui l’emporta sur tout le reste, sur ma famille, et même sur ma soif. Plus aucun conseil, ni même ceux de Edward n’avait de répercussion sur
mon état léthargique, je n’étais plus que l’ombre de moi-même. Toute la maison pleurait avec moi la perte de mes proches alors qu’ils n’étaient pas concernés.
Qui étais-je pour leur imposer mon humeur désagréable, alors qu’ils avaient tout fais pour moi. A plusieurs reprises, Edward tenta de me faire changer d’avis, mais les visions d’Alice étaient
incontestables : j’allais fuir.
Au bout de quelques jours, je quittais mon foyer et ma famille en pleine nuit, Edward m’accompagna pendant une bonne partie du chemin, je fis semblant de ne pas le sentir, sa présence me
réconforta car il représentait le dernier lien avec mes années de bonheur que j’avais connu à leur contact.
Toutefois, il devait me laisser partir, j’avais besoin de me retrouver seule pour faire le
deuil de ma vie antérieure, faire mes adieux à ce petit frère qui ne grandira plus jamais, à ma mère. Si seulement ma soif n’avait pas géré ma volonté j’aurais pu leur permettre de vivre comme
moi, à mes côtés pendant le reste de l’humanité. Puis, un jour, il cessa de me suivre et repartit rejoindre les siens.
C’est pendant ces années d’absence, où je voyageai énormément en Europe, en Afrique, en Asie et notamment au Japon que je fis une rencontre avec mon destin.
Qui a dit qu’il fallait aimer tant que l’on était en vie ?
Je ne mettais que très rarement le nez dehors, et passais mes journées terrée dans les chambres d’hôtel que je
fréquentais, me consacrant à mes lectures. Cependant, je ne pouvais rester cloîtrée indéfiniment, à cause de la soif qui ne manquait pas de me rappeler à mon bon souvenir. Je pouvais certes
stopper ma respiration quand la douleur de la soif se faisait trop violente, toutefois je ne voulais pas tenter le diable en me mélangeant aux japonais.
Un soir, alors que je chassais dans une forêt non loin de mon refuge, mon odorat flaira une odeur attirante, celle du sang frais, celui d’un humain. J’avais trop maltraité mon corps pour que ma
volonté puisse l’emporter sur le feu qui s’emparait de moi, j’allais commettre l’irréparable et j’en étais consciente. Je me ruais vers l’odeur qui embaumait toute la forêt, puis une fois que son
parfum se fit plus fort, je m’arrêtai et contempler ma victime. Il s’agissait d’un enfant, il avait le même âge que mon frère à ma mort. Néanmoins, cette pensée ne suffit pas à me détourner de
mon envie, et me jetais sur lui.
Alors, que j’allais m’emparais du petit garçon, un choc me prit sur le côté m’envoyant valser à une centaine de mètres et je terminais mon vol projeté contre un arbre, qui craqua sous ma
rencontre. Quand je me relevais, il était là, les lèvres retroussées sur des dents luisantes et ses yeux rouge vif qui me vrillaient. Je pouvais entendre son feulement qui me fit tressaillir. Je
tombais sous le charme de cet homme, parce que d’une part il m’avait stoppé à temps mais aussi parce que j’étais face à mon destin, enfin c’est ce qui me plaisait à croire…
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
